Aux communistes français

6 Mag

Communiqué du Comité Central du (nouveau)Parti communiste italien

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5 Mai 2018

 Aux communistes français

Le (nouveau)Parti communiste italien salue la résistance des travailleurs français. Résistance face à l’attaque que le gouvernement des groupes impérialistes français, dirigé par Emmanuel Macron, a lancé contre les conquêtes arrachées par les travailleurs français lors de la première vague de la révolution prolétarienne. Le (n)Pci souhaite aux travailleurs français qu’ils réussissent à passer de la résistance/défense à l’attaque et qu’ils avancent dans la lutte jusqu’à arriver à la mise en place du socialisme. Pour contribuer à cette transformation, nous partageons avec vous la traduction d’un article adressé aux lecteurs italiens, paru dans le numéro de mai de Resistenza, mensuel du Parti des CARC (Italie).

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 Luttes des classes en France

Que les travailleurs français réussissent à passer de la défense à l’attaque!

La bourgeoisie impérialiste française a lancé une attaque généralisée, directe et décisive (du type « ou ça passe, ou ça casse ») (*) contre les conquêtes de civilisation et de bien-être des masses populaires françaises. En défense de celles-ci descendent dans l’arène bien qu’en ordre dispersé les travailleurs de tous les secteurs (y compris les fonctionnaires), les lycéens, les étudiants, les retraités. Les immigrés anciens ou récents (en particulier arabes et africains) se mobilisent, eux, depuis longtemps.

(*) Avec les offensives précédentes conduites par Chirac, Sarkozy et enfin Hollande la bourgeoisie française avait démantelé seulement certaines positions de ses ennemis, les travailleurs français.

L’issue de l’affrontement des classes, qui a cours en France, aura de grandes répercussions, non seulement sur le futur immédiat du peuple français, mais aussi sur le cours des évènements dans notre pays et dans le monde. En effet, la France est une des grandes puissances politiques, économiques et militaires du monde, à la différence de l’Italie dont le rôle actuel dans le monde, repose principalement sur deux piliers, le Vatican et la criminalité organisée.

L’ensemble des conditions de vie et de travail des masses populaires sont au cœur du conflit. Il s’agit des postes de travail, du Code de travail, des conventions collectives, des salaires, des droits politiques et syndicaux, ainsi que des libertés individuelles. Il s’agit des systèmes publiques éducatif, sanitaire et des retraites. Il s’agit des autonomies locales. En bref, il s’agit de tout le système des acquis économiques, politiques et civils que les travailleurs français ont arraché à la bourgeoisie impérialiste française à partir des années 30 (avec le Front Populaire), en surfant sur la première vague de la révolution prolétarienne soulevée dans le monde entier, suite à la victoire de la révolution d’octobre en Russie ainsi que par l’œuvre de l’Union Soviétique, base rouge de la révolution mondiale. Il s’agit aussi de l’ensemble de concessions que la bourgeoisie impérialiste française a dû faire pour contenir et étouffer la révolution socialiste.

Un grand retour en arrière est en cours dans le monde entier, ceci dans un contexte où le socialisme se fait plus nécessaire que dans le passé. Cet article analyse le coté français de la régression mondiale.

Il y a tout juste un an, avec les deux tours des élections présidentielles (23 avril et 7 mai 2017) et législatives (11 et 18 juin), les groupes impérialistes français ont mis à la tête de leur état, une direction choisie et préparée minutieusement, avec à sa tête le président Emmanuel Macron, un homme nouveau de la politique française, formé dans le milieu international de la finance et des banques. Ils ont balayé les deux partis (socialiste et républicain) avec lesquels ils orchestraient la vie politique française depuis environs 50 ans (depuis le coup d’état de De Gaulle (1958) et l’ajustement par Mitterrand (1981) d’où a découlé la longue agonie du PCF). Les deux partis se sont littéralement décomposés, réduits à leur plus bas, quasi-dissous, bien plus que ne le sont en Italie le Parti Démocratique (héritier du PCI et de la Démocratie Chrétienne) et le parti de Berlusconi.

Dès sa prise de fonction à la direction de l’état, le nouveau groupe dirigeant de la bourgeoisie impérialiste française a lancé l’attaque contre les masses populaires françaises sur tous les fronts, décidé à gagner à tout prix. Il a, en parallèle, sur le plan international, poursuivi, au coté des Etats Unis, l’agression et la destruction des pays opprimés par le système impérialiste mondial. (*) Cette œuvre d’agression et de destruction se caractérise en particulier par l’intervention militaire, politique et économique en Afrique et au Moyen Orient (les forces armées françaises ont participé aux côtés des forces américaines et britanniques, entre autre, au bombardement de la Syrie samedi 14 avril 2018).

(*) En 2003 Chirac avait refusé de soutenir les USA de Bush dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein. Par la suite Sarkozy, élu en 2007, avait réintroduit la France dans l’organisation de l’OTAN et pris dès 2011 l’initiative de pousser l’OTAN à agresser la Libye.

La bourgeoisie impérialiste française est à l’attaque contre les masses populaires françaises, les divergences entre les groupes impérialistes français restent au second plan malgré les mécontentements et désaccords diffus se manifestant au sein même des forces armées et dans l’appareil de l’état : magistrats, policiers, gendarmes, gardiens de prison, maires sont en état d’agitation. Les groupes impérialistes français doivent à tout prix rattraper le retard pris par rapport aux groupes impérialistes américains (qui ont, eux, commencé à régler leur compte avec les travailleurs de leurs pays avec Ronald Reagan dès 1980), anglais (avec Margareth Thatcher dès 1979) et allemands (avec Gerhard Schröder dès 1998). La nouvelle crise générale du système impérialiste mondial, commencée dans les années 70 du siècle dernier, ne leur laisse pas d’autres choix pour garder le pouvoir et valoriser leurs capitaux. L’épuisement de la première vague de la révolution prolétarienne leur a, par ailleurs, redonné une certaine liberté d’action.

Voici donc, dans les grandes lignes, la situation de la bourgeoisie impérialiste en France. Outre sa relative indépendance vis-à-vis de la bourgeoisie américaine, d’autres spécificités françaises sont à prendre en compte.

En France, contrairement à l’Italie, l’influence de l’église catholique est très discrète. Rien de comparable avec l’activisme du Vatican en Italie (du Pape Woityla au Pape Bergoglio). Le discours que le 9 avril Macron a tenu devant l’assemblée de la Conférence Episcopale française sur la restauration des rapports entre l’église catholique et l’état a fait grand bruit, mais il est la représentation d’un travail en cours : l’église catholique en France reste une puissance, en particulier dans le secteur scolaire et les œuvres caritatives. Ces agissements sont à mettre en parallèle avec la collaboration toujours plus étroite, mais aussi plus visible, entre l’état et les groupes sionistes très actifs, ainsi qu’avec la volonté toujours plus forte de l’Etat de réglementer le clergé musulman qui est une force depuis que la religion musulmane est devenue le drapeau identitaire et de révolte des groupes les plus marginalisés de la population française.

Les groupes impérialistes français appellent toutes les forces réactionnaires de France à collaborer à l’attaque contre les travailleurs français. Malgré la décomposition et la déchéance morale, intellectuelle et organisationnelle du vieux mouvement communiste français, d’où découle un élargissement de la liberté d’action de la bourgeoisie, le conflit s’annonce difficile et d’issue incertaine pour la bourgeoisie.

Le système de contre-révolution préventive reste encore efficace et puissant. Le réseau d’espionnage et de contrôle ramifié de la population est efficace sur tout le territoire national, même si la guérilla islamiste en souligne les limites. La manipulation et l’intoxication des idées et des sentiments et pour la diversion de la révolution socialiste, y compris la propagande plus ou moins ouvertement anti-communiste, sont instillées en profondeur. C’est un fait que 90% des systèmes de communication de masse (presse et TV) sont issus d’environ 9 groupes financiers. Mais le réseau Internet est quant a lui, de par sa nature, moins monopolisable. Le système de contre-révolution préventive s’affaiblit inévitablement car la répression et la manipulation des idées et des sentiments ne compensent pas la disparition des autres piliers (du système de contre-révolution préventive) : les concessions économiques, la participation controlée aux activités politiques et la réglementation et l’encadrement des syndicats par l’état. Il y a beaucoup d’amertume et d’effervescence dans les masses populaires. Néanmoins les divisions entre secteurs sont grandes et surtout, comme en Italie, on sent le manque d’une conscience déjà répandue et enracinée au sein des masses populaires qu’une autre organisation de la société est nécessaire et possible (le communisme) et le manque d’une institution qui l’incarne (le parti communiste).

Ces dernières semaines, plusieurs tentatives sont en cours pour faire converger les luttes des différents secteurs et des différentes catégories en un mouvement unitaire de contestation antigouvernemental. En ce moment, l’activisme antipopulaire, anti migrants, et belliqueux de Macron et de son gouvernement a repoussé au second plan les tentatives de mobilisation réactionnaire portées par le Front national des Le Pen et par d’autres organisations moins importantes d’extrême droite. (*) Cette situation, en revanche, a ouvert un grand terrain d’action pour :

1) – l’opposition politico-électorale de gauche représentée par Jean Luc Mélenchon.(**)

2) – les syndicats d’opposition, avec en tête de file la CGT (Confédération Générale du Travail, syndicat qui était, dans le passé, lié au mouvement communiste).

(*) Marine Le Pen a été au second tour face à Macron à l’élection présidentielle de l’année dernière. Elle y a récolté 10,6 millions de voix face aux 20,7 millions de voix pour Macron.

(**) La France Insoumise au premier tour des élections présidentielles de l’année dernière a recueillit 7,2 millions de voix face aux 8,6 millions de Macron, aux 7,7 de Le Pen et aux 7,2 de la droite traditionnelle guidée par Fillon sur les 31,3 millions de votes valides et aux 47,4 millions d’électeurs.

L’attaque du gouvernement contre le statut des cheminots et pour la privatisation de la SNCF et plus généralement du transport de biens et personnes, a fait des cheminots le pôle d’unification des différentes professions : des travailleurs de l’industrie (métallurgistes en tête), à ceux de l’électricité, du gaz, de la propreté (éboueurs), des écoles, de la poste, de la fonction publique, de la grande distribution (Carrefour, Casino, Auchan, et d’autres), des transports aériens et des aéroports, des hôpitaux, des maisons de retraite, des banques, des ports, et d’autres secteurs encore.

Tous les secteurs sont touchés par la réduction des postes de travail, par la détérioration des conditions de travail, par la réduction des salaires ou au moins par la diminution des revenus résultant de l’inflation, de l’augmentation des taxes et du coût des prestations qui restent de l’ordre du service public.

A ces derniers s’ajoutent :

1) les petits et moyens agriculteurs (travailleurs indépendants ou capitalistes) qui sont en France une catégorie très influente. Chez eux, émergent régulièrement l’agitation et le désespoir (faillites et suicides en augmentation) dûs à la diminution des revenus, aux importations et à ce que leur impose la superpuissance des monopoles de la grande distribution.

2) les activistes des mouvements (pro-climat) contre la pollution et les grands chantiers. Les occupants des presque 15 km2 du territoire (Notre-Dame des Landes) qui aurait dû être occupé par le nouvel aéroport de Nantes ont arraché l’abandon du projet mais sont en lutte, assiégés par 2500 gendarmes, afin de poursuivre les activités agricoles et artisanales qu’ils ont implantées sur ce territoire durant les années d’occupation.

Quant aux travailleurs de la SNCF, exceptionnellement, tous les syndicats du secteur agissent unis dans une coordination intersyndicale qui a décidé d’une grève sur 3 mois contre la suppression de leur statut, de leur système de retraite spécifique et contre l’avancée de la privatisation du transport des personnes et des biens. Ainsi, en Avril, Mai et Juin 2 jours de grève alternent systématiquement avec 3 jours de travail. Le programme est bien tenu malgré les tentatives du gouvernement et de la SNCF de mettre l’opinion publique à dos et de démoraliser les travailleurs du ferroviaire. En s’appuyant sur ces derniers, la CGT et d’autres syndicats combatifs essaient de promouvoir des journées de convergence interprofessionnelle. Ils appellent, sur une même journée, à une grève et à une manifestation avec cortège de tous les secteurs en luttes. Les deux grands syndicats collaborationnistes CFDT et FO (équivalent français de CISL et UIL) s’en dissocient, mais souvent leurs adhérents désobéissent aux ordres. Les cortèges du 22 mars et du 19 avril ont eu une participation modérée (le 19 avril moins que le 22 mars) mais on estime néanmoins que plus de 300 000 travailleurs, étudiants et retraités ont défilé dans plus de 130 localités. Une autre grève est prévue le 22 mai. Il est évident que le prochain 1er mai sera une journée de lutte généralisée. Parallèlement, mais sans une collaboration ouverte avec la CGT et les syndicats combatifs, la France Insoumise de Mélenchon, et d’autres organisations politiques et sociales plus petites, ont organisé des manifestations de contestation le samedi : le 14 avril dans certaines grandes villes (entre autres Marseille), des cortèges très suivis ont eu lieu et pour le 5 mai une manifestation est prévue à Paris avec l’objectif de mobiliser jusqu’ à 1 million de personnes.

A ce mouvement populaire le gouvernement Macron oppose une intense propagande, disant qu’il n’y a pas d’alternative possible aux réformes mises en œuvre par le gouvernement. La mondialisation est un phénomène au quel la France ne pourrait se dérober sous peine d’aller vers la décadence générale du pays. Les opposants au gouvernement, eux, disent que la direction prise par le gouvernement porte à la destruction de la société et de l’environnement. Mais aucun des actuels grands centres reconnus de la contestation n’ose affirmer que les causes de la voie catastrophique vers laquelle vont les choses est la propriété et l’initiative privée des capitalistes dans le secteur économique. En France, comme en Italie et dans tous les pays du monde développé, la majorité de la population exerce son activité économique dans des entreprises liées les unes aux autres et constituant ainsi un seul et même organisme productif national. (*) Chaque entreprise appartient cependant à des capitalistes et chaque capitaliste gère son entreprise afin de valoriser son capital. Ceci en ne s’inquiétant ni de ce que son entreprise consomme si cela lui coûte peu, ni de ce qu’elle produit si il peut en tirer du profit.

En France aussi, il manque encore un centre communiste déjà reconnu qui guide l’ensemble du mouvement populaire suivant une stratégie visant à l’instauration du socialisme. Pour conclure, le mouvement français reste encore syndical et revendicatif et on n’entend pas la voix d’un vrai parti communiste.

(*) Ici je ne parle pas des pays dépendants qui sont dévastés, pillés et agressés par les groupes impérialistes internationaux qui obligent des masses de plus en plus grandes à émigrer au prix de persécutions, d’humiliations en tous genres et souvent au prix de leur vie.

On perçoit la faiblesse des classes dominantes françaises non seulement dans leurs contradictions internes et dans celles de la communauté internationale des groupes impérialistes, mais aussi dans leur rapport avec les masses. On ne perçoit pas encore, en revanche, la force du prolétariat car il manque un centre déjà reconnu promoteur de la lutte pour la mise en place du socialisme.

Faute d’enquête, je ne sais pas personnellement si il existe déjà des organismes communistes, liés ou non entre eux, qui plus ou moins dans l’ombre travaillent pour orienter le mouvement général et pour accumuler des forces en suivant une stratégie à la hauteur de l’enjeu. C’est-à-dire, je ne sais pas si en France, il existe déjà quelque chose d’équivalent à ce qu’est en Italie la Caravane du (n)PCI. Mais il est évident que cela est ce qu’il faut.

De notre correspondant à Paris – 25 Avril 2018

Pour une meilleure compréhension de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et de son équipe en France, voir les deux écrits du (n)PCI: Avviso ai naviganti 71 – 25 aprile 2017 (http://www.nuovopci.it/dfa/avvnav71/avvnav71.html) et Comunicato CC 7/2017 – 9 maggio 2017 (http://www.nuovopci.it/voce/comunicati/com2017/com.CC_07_17.05.09_Elezioni_francesi_e_Italia.html).

***

Pour contacter le Centre du (n)PCI sans être identifié et fiché par les Services, employer TOR [voir http://www.nuovopci.it/corrisp/risp03.html ], ouvrir une adresse email avec TOR et de cette adresse envoyer à une des adresses du (n)PCI vos messages cryptés avec PGP et la clef publique du (n)PCI [voir http://www.nuovopci.it/corrisp/risp03.html ].

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