Aux communistes français

15 Set
(nouveau)Parti communiste italien
    Comité Central
        Site: http://www.nuovopci.it
        Courriel: lavocenpci40@yahoo.com
    Délégation du CC
        BP3 –   4, rue Lénine  –   93451 L’Île St Denis (France)
        Courriel: delegazionecpnpci@yahoo.it
EiLE

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Sumario

Communiqué du Comité Central du (nouveau)Parti communiste italien
15 septembre 2015

La lutte des classes se durcit dans le monde entier! C’est à nous, communistes des pays impérialistes, de diriger le cours des événements jusqu’à l’instauration du socialisme dans nos pays !

Bien sûr aujourd’hui nous sommes peu nombreux : c’est normal, puisque dans la seconde moitié du siècle passé nous avons subi une écrasante défaite, a cause de nos limites dans la compréhension des conditions de la lutte des classes. Mais le point important n’est pas combien les communistes sont aujourd’hui. Le point important est que les soubresauts du monde actuel accoucheront immanquablement du communisme : le communisme est le futur de l’humanité.

Si vous n’êtes pas convaincus, il faut vous pencher sur cette question.

Mais si vous êtes convaincus, alors vous devez simplement découvrir ce que vous devez faire de mieux pour promouvoir la renaissance du mouvement communiste – et le faire!

Pour comprendre cela, le CC du (n)PCI propose aux communistes français l’article Le 70ème anniversaire de la victoire de la Résistance  qui a eu lieu le 25 avril 1945 en Italie. L’auteur tire pour nous, aujourd’hui, les leçons du fait que le PCI, en 1945, après la victoire sur les nazis fascistes, ne fut pas capable de continuer la lutte jusqu’à l’instauration du socialisme, un problème qui, sur les grandes lignes, vaut également pour les communistes français.

 

 

Le 70ème anniversaire de la victoire de la Résistance – 25 avril 1945

La révolution socialiste n’éclate pas spontanément ! C’est une guerre que nous devons conduire pas après pas, tout en suivant un plan stratégique et des tactiques !

En Italie, après la victoire du 25 avril 1945, les masses populaires n’ont pas avancé et ont même reculé parce que le Parti communiste italien n’avait pas de projet !

Télécharger le communiqué

Texte en word

 

Manifeste Programme
du (nouveau) Parti communiste italien
(Chapitre I): PDFWORD
Traduction française (en PDF) faite par la rédaction du Site Web:
servirlepeupleservirlepeuple.eklablog.com
La rédaction du site a aussi rédigé le notes au pied de page marquées NdT, dont elle assume la responsabilité.
Les versions italienne et anglaise du Manifeste Programme sont sur le Site Web http://www.nuovopci.it section EiLE.
 La version italienne peut être achetée aux Edizioni Rapporti Sociali
via Tanaro, 7 – 20128 Milano (ITALIE)
tel e fax: (+39)0226306454

 70 ans se sont écoulés depuis ce glorieux 25 avril 1945, et aujourd’hui, si nous regardons autour de nous, il est difficile d’imaginer les espérances qui, alors, semblaient possibles à réaliser. Le marasme, le désespoir et l’abrutissement qui nous entourent rendent à beaucoup de personnes, y compris à celles qui l’ont pourtant vécue, incompréhensible le climat de cette époque. Maintenant, pour faire front à la situation actuelle, la transformer et réaliser que nous pouvons remonter la pente et de quelle manière, il est important de comprendre comment nous sommes passés de cette époque d’espoir et de confiance à ce triste présent. Apprendre des défaites, c’est cela qui transforme une armée inexpérimentée, bataille après bataille, en une armée victorieuse. Celui qui ne comprend pas les raisons du recul, devient facilement une proie pour les défaitistes qui sont aisément entretenus par les classes dominantes et inspirés par elles. Il s’épuise à pleurer que le monde est malheureusement ainsi fait, qu’il y n’a pas remède, que notre projet est une illusion et que le mal prévaut sur le bien d’où résignation et désespoir, lâcheté et évasion de la triste réalité.

En réalité, après la Libération nous avons reculé parce que nous n’étions pas préparés à avancer. Avancer voulait dire instaurer le socialisme mais même la frange la plus avancée des masses populaires de notre pays, le Parti communiste, n’était pas préparé à le faire, ne sachant pas comment procéder. Il n’avait jamais pensé sérieusement et concrètement à cette entreprise. Que veut dire concrètement ? Cela veut dire penser le projet et sa mise en œuvre comme on le fait pour la construction d’un grand ouvrage ; et c’est seulement en procédant ainsi que l’on réussit.

Pourquoi avons-nous reculé au lieu d’avancer?

Nous avons reculé parce qu’aujourd’hui l’humanité ne peut plus avancer spontanément. La société bourgeoise a déjà créé les conditions objectives du socialisme et l’humanité ne peut plus avancer sans avoir conçu préalablement, par la pensée, le parcours à mener ; de la même manière qu’il est impossible de construire un gratte-ciel sans l’avoir d’abord imaginé et sans avoir réuni préalablement le matériel qui ne se trouve pas dans la nature, à portée de main ?alors même qu’un abri peut-être simplement construit par des singes avec ce qu’ils trouvent dans la nature, à portée de main. Aujourd’hui, presque chaque objet construit par les hommes, l’est avec d’autres objets résultant de productions précédentes et fruits du travail de personnes différentes de celles qui les emploient, et, donc, construits avec des objets généralement issus d’une société entière ; la production de marchandises se fait avec d’autres marchandises plutôt qu’avec des objets puisés directement dans la nature.

L’humanité est entrée dans une phase nouvelle de son histoire. Après la Libération, nous n’avons pas avancé parce que le Parti communiste italien (PCI) n’avait pas conçu la voie pour avancer, il ne savait pas quoi faire, il n’avait même pas les grandes lignes d’un projet pour l’avenir. Il n’avait pas fait ce travail auquel Lénine l’avait exhorté en 1922, pendant le IVème Congrès de l’Internationale Communiste (Cinq ans de révolution russe et les perspectives de la révolution mondialewww.nuovopci.it/classic/lenin/cinqueriv.htm). Le PCI avait héroïquement résisté au fascisme mais il n’était pas préparé à aller vers le socialisme. Si on lit l’article Pietro Secchia et deux importantes leçons (publié par La Voce n. 26, juillet 2007 – www.nuovopci.it/voce/voce26/secchia.html), on y trouve exposé plusieurs détails de la régression du PCI. Après la Libération, en 1945, même dans les usines que les CLN (Comités de Libération Nationale) dirigeaient, on se préoccupait davantage de reprendre la production exactement comme avant, plutôt que d’accueillir tous les chômeurs disposés à travailler, et faire de l’usine, au-delà d’un simple organisme de production (comme cela se faisait avant, sous le fascisme), un centre d’organisation et de formation de la masse des travailleurs de la région, un centre d’organisation de tout le territoire environnant pour les travaux nécessaires à la reconstruction qui n’étaient pas accomplis déjà par d’autres, et un centre de promotion pour chaque autre aspect de la vie sociale.

Pour comprendre les événements de notre pays et de notre histoire, considérons la chose en termes généraux.

Le monde, et avec lui l’Italie, peut avancer uniquement en allant vers le communisme, comme un enfant peut progresser uniquement en devenant un homme. Ceux qui imaginent un avenir différent, selon leur fantaisie, font de la science-fiction et dans la pratique ils ne réalisent rien. Tsipras en fera la démonstration et probablement les Podemos, Iglesias, Vasapollo et le reste de la bourgeoise européenne de gauche, également. Après le capitalisme, pour avancer, les hommes doivent aller vers le communisme. Après qu’un embryon se soit transformé en un enfant, l’étape suivante est le progrès d’un enfant. Et le progrès d’un enfant ne peut que consister à devenir adulte.

Cela semble banal, mais dans le cas de la société humaine, depuis des millénaires, celle-ci évolue grâce à la lutte entre les classes. Or toute classe dominante s’oppose avec toutes les forces et ressources dont elle dispose dans la société entière, à la progression de la société, parce que cette progression est la négation de son monde et d’elle-même. La bourgeoisie s’y oppose avec d’autant plus de détermination aujourd’hui que le progrès du monde n’entraîne pas la substitution d’une classe dominante par une autre (rien n’empêchait, par exemple, le seigneur féodal qui en avait personnellement les dispositions, de devenir un capitaliste), mais la fin de toute classe dominante.

Marx et les communistes qui l’ont suivi et succédé, ont lancé l’étude scientifique (1) de l’activité avec laquelle les hommes ont construit leur société et l’histoire de chacune d’elles, et en particulier, comment le capitalisme et la société bourgeoise se sont formés. C’est une science à laquelle les classes dominantes sont, non seulement, rétives, mais s’opposent avec détermination.

Elles disent à peu près : «  l’histoire est maîtresse de vie  ». Mais dès que Marx et les communistes ont traduit cette  expression vague en étude scientifique de l’histoire de l’humanité pour en tirer les enseignements afin de faire à leur tour l’histoire, c’est-à-dire en tirer une science guide du mouvement de transformation de la société bourgeoise en société communiste, les classes dominantes n’en ont plus voulu. D’où leur mépris pour “l’idéologie” et ce pour la simple et bonne raison que c’est la science de leur fin.

Note 1 – Scientifique dans le sens de comprendre comment un procédé fonctionne et confirmer la vérité de la compréhension en le mettant en fonctionnement, comme on le pratique pour chaque science, de la chimie à la pédiatrie.

Le monde actuel, à première vue, ressemble à un grand marasme. En réalité, il y a une logique dans l’activité avec laquelle les hommes ont fait le monde actuel et le gèrent. Il s’agit de la comprendre et de l’utiliser. L’exercice est fastidieux, mais, pas après pas, si on s’applique, on y arrive.

De par la nature du capitalisme, les hommes des sociétés capitalistes ne peuvent pas avancer autrement qu’en donnant vie au communisme (2).

Note 2 – Nous utilisons le terme socialisme pour qualifier le stade initial du communisme, quand les traces de la division en classes, propre au capitalisme sont encore évidentes. La masse de la population n’est alors pas encore organisée et consciente au point de se diriger par elle-même avec les institutions avec lesquelles sa propre organisation se constitue.

Le communisme est, dans l’histoire de l’humanité, le premier système de relations sociales qui doit être pensé avant d’être réalisé, parce que c’est seulement en le pensant et en le concevant que l’on réussira à le mettre en place. Les systèmes précédents de relations sociales avec la manière relative de production sur laquelle chacun d’eux était fondé, ont été formés par les masses, mais sans qu’elles eurent conscience de ce qu’elles faisaient. Ils se sont, pour ainsi dire, formés à leur insu, parce que les masses étaient dirigées par une classe dominante.

Mais le communisme est la gestion de la vie sociale par les hommes associés de façon telle que le libre développement de chaque individu est la condition du libre développement de tous. Donc, par sa nature il ne peut qu’être le fruit d’individus conscients et organisés. C’est le système de relations entre les membres d’une population consciente et organisée.

Conscience et organisation ne peuvent, cependant, pas naître chez les masses populaires tant qu’elles sont sujettes à l’exploitation d’une classe exploitante qui les exclut, en connaissance de cause, systématiquement des activités humaines de la réflexion (celles indiquées dans la note 2 p. 249-250 du Manifeste Programme du nouveau Parti communiste italien).

Comment les masses populaires, que la classe dominante empêche d’accéder à la conscience et à l’organisation, peuvent-elles alors acquérir ces dernières dont elles ont besoin pour faire la révolution socialiste jusqu’à la construction de la société communiste finale ?

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La combativité des masses

La combativité des masses exploitées et opprimées n’a pas un caractère national ou racial. Et seuls ceux capables de donner aux luttes spontanées une perspective juste et réaliste, montrer le chemin et guider ces luttes jusqu’à la victoire peuvent nourrir et élever le niveau de combativité des masses. Ceci est notre devoir de communistes.

Aujourd’hui, il existe déjà des milliers de luttes revendicatives et nombreuses sont les actions de protestation. Nous devons leur donner unité et continuité. Nous ne réaliserons cela ni en élaborant et en proposant des « plateformes d’objectifs minimum communs » (ce à quoi s’affairent beaucoup d’organisateurs de luttes revendicatives) ni avec des grèves générales perpétuelles délirantes (comme le rêvent quelques représentants de la gauche syndicale).

Aux luttes revendicatives et aux actions de protestation, nous donnons une continuité, principalement en faisant de chacune d’elles une école de communisme, une opération de la Guerre Populaire Révolutionnaire (GPR) parce qu’elle forme les Organisations Ouvrières (OO) et les Organisations Populaires (OP), contribue à constituer le Gouvernement de Bloc Populaire et alimente la marche vers l’instauration du socialisme.

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 La solution au paradoxe est le Parti communiste : il fait partie des masses populaires mais il est libéré de la classe dominante et il est l’organe de l’élaboration de la conscience et de la création de l’organisation du prolétariat (conscience et organisation qu’il transmet dans les masses, par son lien avec les masses dont le parti guide l’émancipation). Lénine dans les œuvres fondamentales Un pas en avant et deux en arrière (mai 1904) et Deux lignes de la social-démocratie dans la révolution démocratique (juillet 1905) expliquait clairement, pour la première fois, que le Parti communiste se distingue des masses populaires et de la classe ouvrière, mais qu’en même temps il fait partie intégrante de la classe ouvrière, il en est sa partie consciente et organisée. Il est la forme suprême d’organisation de la classe ouvrière dans le sens qu’il dirige toutes ses autres organisations. Il est l’incarnation du lien de l’avant-garde avec les grandes masses qui font partie du camp de la révolution, sur lesquelles la classe ouvrière exerce sa propre hégémonie et qu’elle dirige pour s’émanciper de toute classe dominante (3).

Le Parti communiste ainsi conçu et construit, Gramsci l’appelle intellectuel organique de la classe ouvrière (4).

Note 3 – Une synthèse efficace de la conception exposée par Lénine dans les deux œuvres citées se trouve dans le chapitre 2 point 4 et dans le chapitre 3 point 3 de Staline, Histoire du Parti communiste (bolchevique) de l’URSShttp://www.nuovopci.it/classic/stalin/pcburss.html%5D.
Note 4 – Gramsci, Cahiers de la prison, (Cahier 8, § 21 en http://www.nilalienum.com/Gramsci/Q8fnote.html., Cahier 11, § 12 en http://www.nilalienum.com/Gramsci/Q11fnote.html., Cahier 12, § 1 en http://www.nilalienum.com/Gramsci/Q12fnote.html.%5D

Penser est une des activités de l’homme. Les produits de cette activité sont les idées, les concepts etc. que les hommes utilisent aussi comme base à d’autres activités. Pour penser, comme pour n’importe quelle autre activité, les hommes élaborent des méthodes et des instruments spécifiques. Par conséquent, chaque société dans le cours de son histoire, accumule un patrimoine d’idées et de concepts, produits de cette activité. Tout ceci (les méthodes et outils employés pour penser et les produits de la pensée) constituent le patrimoine intellectuel de la société. Chaque individu pense à différents degrés et de nombreuses manières. Mais certains poussent plus loin cette activité de réflexion et offrent une contribution riche et importante au patrimoine sociale de la société, on les nomme alors : “les intellectuels”.

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« L’histoire est maîtresse de vie »

Cette phrase remonte à il y a des centaines d’années. Pendant des siècles, elle a été répétée en termes moralisants comme une exhortation à étudier l’histoire et à en tirer des leçons de conduite. Les fondateurs du mouvement communiste en ont fait un début d’action. C’était des intellectuels et ils se sont dit : « Il ne suffit pas d’interpréter le monde, l’important est de le transformer et pour le transformer, il faut connaître la nature de la société bourgeoise et les lois de son propre développement. » Aux ouvriers actifs ils ont dit : « Pour changer votre condition, vous devez transformer le monde. Vous avez en vous-mêmes, dans les conditions dans lesquelles la société bourgeoise vous met, les prémisses pour le faire. Pour le faire effectivement, vous devez assimiler la ‘science de l’activité’ avec laquelle les hommes ont, jusqu’à présent, fait leur histoire, l’utiliser, et en l’utilisant, développer cette science pour le futur. Au Parti communiste vous avez les moyens de le faire. » 

Comment s’élabore et se développe cette science ?

A partir de chaque activité humaine, il est possible d’en établir la science : il faut d’abord comprendre la logique et les lois d’après lesquelles l’activité s’est développée jusqu’ici spontanément et ensuite la développer consciemment.

Pour cela, il faut recueillir les différentes documentations sur les expressions et manifestations de cette activité et trouver, en comparant les différentes expressions et manifestations, les éléments qui composent chacune d’elles ; ceux qui se retrouvent en toutes, les relations entre ces éléments et les relations entre eux et les circonstances ne sont donc pas accidentels. En sélectionnant ces éléments et ces relations qui se répètent en chaque expression et manifestation, nous obtenons la base pour comprendre l’ensemble, donc la science qui permet de mener cette activité en toute connaissance et de vérifier également notre hypothèse.

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Durant toute l’histoire de l’humanité divisée en classes, les intellectuels étaient des individus particuliers qui constituaient une caste de la classe dominante (prêtres, philosophes, savants et artistes de disciplines différentes, etc.).

 Dans la société bourgeoise l’activité intellectuelle, comme toute autre activité devient de plus en plus sociale, c’est à dire accomplie par un réseau d’individus (écoles, instituts de recherche, universités, maisons d’édition, etc.). À notre époque, celle de la révolution prolétarienne, l’intellectuel de la classe ouvrière est son Parti communiste, il s’agit alors d’un intellectuel collectif. Il est et il doit être un collectif, c’est-à-dire des individus liés l’un à l’autre par des relations d’organisation. Justement parce que c’est un collectif, la science qu’il élabore et dont il est dépositaire, devient petit à petit le patrimoine de parties croissantes de la population et non plus le patrimoine personnel d’un individu.

Considérons un guérisseur et un médecin. Une des différences entre les deux est que le guérisseur a des capacités et pouvoirs qui sont ses dons propres, tandis que le médecin a appris une science et accomplit une activité qu’il peut enseigner à d’autres. La comparaison des intellectuels des classes dominantes et du Parti communiste est une comparaison analogue. Le Parti communiste est porteur d’une science à laquelle, en règle générale, tous, à des conditions déterminées, peuvent accéder. Le socialisme est la phase transitoire dans laquelle nous créons ces conditions pour la masse de la population.

Aujourd’hui, sous l’oppression de la bourgeoisie, devenir communiste, membre du Parti communiste demande une volonté, une inspiration et un dévouement particuliers qui contrastent avec les conditions dans lesquelles la bourgeoisie contraint les classes opprimées. Pour cette raison, seulement un nombre limité d’individus entre au Parti communiste qui est l’intellectuel des classes opprimées, en particulier de la classe ouvrière.

Cet intellectuel collectif élabore la science qui sert à transformer la société. Il utilise cette science et il guide les masses à l’employer. Comme, par exemple, la science de l’ingénierie sert à construire des ponts, cette nouvelle science, qu’est la conception communiste du monde, sert à faire la révolution socialiste et construire la société communiste. La guerre, ce sont les soldats qui la font, mais les soldats ne font pas la guerre sans un général, un grand état-major et un corps d’officiers. Notre guerre est comme l’occupation stable d’un territoire inhabité, comme la colonisation d’un nouveau pays : ce sont les soldats qui en bénéficient.

Instaurer le socialisme est possible autant que nécessaire. Mais pour cela, il nous faut avoir un Parti communiste qui veuille et sache le faire. Il faut donc un Parti communiste qui est moralement et intellectuellement à la hauteur de son rôle. Instaurer le socialisme en Italie est possible. Mais il nous faut un groupe dirigeant moralement déterminé à le faire et intellectuellement capable de le penser.

Le premier PCI n’a pas instauré le socialisme parce que son groupe dirigeant, une fois Gramsci disparu, n’a pas été moralement et intellectuellement à la hauteur de l’ouvrage. Dans l’histoire du PCI, vous trouverez beaucoup de choses, mais pas un seul projet pour instaurer le socialisme en Italie ; vous ne trouverez pas le plan d’une révolution qui partirait du “triste présent” et qui, grâce à un enchaînement d’événements et de passages, arriverait au socialisme ; vous ne trouverez pas non plus l’indication d’un parcours qui se baserait sur les conditions présentes et tracerait au moins les grandes lignes du chemin à accomplir pour arriver à instaurer le socialisme. Dans les discours du PCI, le socialisme est l’horizon qui est décrit, proclamé et invoqué. Mais la route, les pas à faire à partir du “triste présent” pour arriver à l’horizon, ne sont jamais indiqués. La cime de la montagne est merveilleuse, mais l’idée de la route pour y arriver fait défaut car on se disait que tôt ou tard nous nous retrouverions bien au sommet. Dans l’histoire du PCI, on trouve des mouvements de lutte pour résister aux injustices et aux vexations des patrons, pour leur arracher quelque chose mais on ne trouve pas le projet de la conduite d’une guerre pour renverser le fascisme et instaurer le socialisme.

Le PCI ne s’était pas non plus donné les moyens nécessaires pour continuer après la victoire de la Résistance. Quant à la Résistance, il s’y jeta, poussé par l’URSS, le mouvement communiste international et les circonstances (l’armistice du 8 septembre 1943 et la fuite honteuse de la Cour de Savoie, de son gouvernement et de l’état-major de ses forces armées). La Résistance n’était donc pas une lutte que le PCI avait choisie, bien qu’il fût simple de comprendre que le fascisme ne perdurerait pas. Le PCI disait que le fascisme n’était pas là pour l’éternité, ce que disaient aussi le clergé et toute  personne capable d’une pensée stratégique. La lutte pour diminuer les difficultés et les restrictions du présent, n’était pas, en soi, une lutte qui mettrait fin au système. La Résistance ne fut pas une guerre que le PCI avait imaginée, dont le PCI avait tracé les plans. Il ne s’y était pas préparé. Il ne l’avait pas conçue et déclenchée comme le passage à une phase supérieure. La Résistance n’était définitivement pas la réalisation de sa propre ligne. Le PCI fut surpris par les événements et se rua dans la Résistance sans avoir l’idée d’où cela le porterait ou de quoi faire pour en exploiter les résultats. Il s’y jeta comme quelqu’un qui fait face courageusement à une catastrophe qui lui est tombée dessus. Il se lança dans la Résistance avec une conscience à peine supérieure à celle avec laquelle s’y jetèrent des milliers de soldats en débandade et des gens persécutées par les fascistes.

Il n’a pas non plus compris que le clergé et la bourgeoisie participaient à la Résistance dans le but de ne pas être exclus des accords futurs et du nouveau système. Le PCI devait et pouvait alors profiter de leur faiblesse et de leur mobilisation pour consolider ses positions acquises et en gagner de nouvelles pour instaurer le socialisme.

L’héroïsme de dizaines de milliers de militants n’a pas suffi à compenser cette lacune. Au contraire, les classes dominantes, le clergé catholique (le Vatican, la Cour Papale) et les groupes impérialistes américains savaient quoi faire dans la limite permise par leur nature ; ils avaient une pensée stratégique autant que leur nature le permettait : pendant que les tambours de la résistance retentissaient encore, ils restaurèrent, pas après pas, leur système de relations sociales en innovant si nécessaire pour l’adapter à la situation.

Nous n’avons pas avancé parce que le PCI n’avait pas conçu, élaboré la route pour avancer ; le socialisme était bien en vue à l’horizon, mais le PCI n’avait pas idée du chemin pour l’atteindre. Ainsi, nous avons reculé malgré les succès engrangés (la Résistance et les prises de pouvoir dans les grandes régions du pays, l’augmentation du niveau de conscience, une meilleure organisation des masses, constitution de forces armées, un gain de prestige et de fait l’hégémonie des grandes masses, des patrons ayant fui abandonnant de nombreuses usines dont les comités de libération nationale avait pris la direction etc.).

Le nouveau Parti communiste italien – (n)PCI – a appris de cette amère leçon. Nous ne répéterons plus jamais l’erreur de ne pas nous donner les moyens d’atteindre les objectifs que nous nous fixons et de ne pas élaborer un projet pour valoriser le résultat des luttes dans lesquelles nous nous lançons. Pour cette raison, nous avons élaboré une stratégie pour instaurer le socialisme, la ”Guerre Populaire Révolutionnaire”. Pour cette raison aussi, nous avons une tactique (un plan précis d’actions) qui part de l’état présent des choses : la ligne de la constitution du ”Gouvernement de Bloc Populaire” qui ouvrira une phase supérieure de la GPR.

Pour cette raison encore, nous avons tiré le bilan de l’expérience des premiers pays socialistes et cela nous a enseigné comment continuer à mener, dans les conditions de la société socialiste, la lutte des classes sur la base des Sept grandes contradictions, pour empêcher que ne renaissent sous de nouveaux oripeaux les anciens oppresseurs (la nouvelle bourgeoisie des pays socialistes) et pour avancer vers le communisme.

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Les sept grandes contradictions des sociétés socialistes
Les sept grandes contradictions sur lesquelles se développent la lutte des classes dans les sociétés socialistes, après que la propriété privée des moyens de production ait été abolie pour l’essentiel, sont les suivantes :
– entre dirigeants et dirigés,
– entre travail intellectuel et travail manuel,
– entre travail de direction et travail d’exécution,
– entre hommes et femmes,
– entre adultes et jeunes,
– entre villes et campagnes,
– entre zones, régions et pays avancés et zones, régions et pays arriérés.
****

 Pour cette raison toujours, nous disons avec fermeté et affection, aux camarades qui, aujourd’hui, veulent reprendre le chemin du vieil et héroïque PCI : « Camarades, l’héroïsme ne suffit pas, il nous faut une conception communiste du monde, une Réforme Intellectuelle et Morale (RIM) des communistes, le marxisme-léninisme-maoïsme ! »

La constitution de l’Union soviétique et son œuvre avaient donné un élan d’actions et de progrès aux classes, aux peuples oppressés et à des millions d’hommes de tous les coins du monde. Chacun avait reçu un objectif à poursuivre, un but, afin qu’il résolve les difficultés spécifiques dans lesquelles il se débattait et s’unisse aux autres en vue d’un plan concordant.

Mais les partis communistes des pays impérialistes furent incapables d’aller au-delà des luttes revendicatives et de la participation aux procédures et aux institutions de la démocratie bourgeoise dans lesquelles s’étaient déjà noyés les partis socialistes.

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Notre travail politique

Le travail politique du (n)PCI consiste à porter la classe ouvrière à s’organiser et à conquérir le pouvoir et instaurer le socialisme. Ceci est notre travail politique.

Une des limites historiques des partis socialistes et celle des révisionnistes consiste à réduire le travail politique à la participation à la politique bourgeoise, c’est-à-dire à la participation aux procédures, instituts et institutions avec lesquels la bourgeoisie, qui domine les rapports économiques et une grande partie de la société civile, règle le comportement de l’État et le subordonne à ses propres intérêts (valorisation du capital et subordination du prolétariat et des autres classe). L’État conserve le monopole de la violence que la bourgeoisie tente de cacher sous le masque de la démocratie bourgeoise, nommée “démocratie” tout court par ses idéologues. Dans notre Plan Général de Travail (Manifeste Programme, chap. 3.5.), nous expliquons que la mobilisation des masses populaires sur le théâtre de la lutte politique intestine bourgeoise doit avoir comme objectif principal de favoriser l’accumulation de forces révolutionnaires et, comme objectif secondaire, d’améliorer les conditions de vie et de travail des masses populaires, d’étendre leurs droits, d’aiguiser et d’exploiter les contradictions entre les groupes et les forces de la bourgeoisie impérialiste. Ceci est notre second front de travail de masse.

****

Cet élan s’est rompu sans mener à un résultat définitif.

A la suite de cela, l’humanité est tombée dans une période de grand activisme et d’innovations continues (par cet aspect la période actuelle n’est pas un retour au passé), mais un activisme et des innovations dont on ne comprend pas le sens, chaotiques, et dont la classe dominante dénature le sens de mille manières contradictoires entres elles (à cet égard la situation actuelle est analogue à celle du passé).

Fourier disait qu’à force de refuser de faire ce que les évènements exigent, nous finissons par ne plus les comprendre.

C’est une maxime qui s’applique à la période actuelle et précisément à ceux qui sont mécontents du présent mais ne savent pas comment s’en sortir. Mais nous réussirons à reprendre la route car nous en avons besoin. C’est une question de survie.

Voici l’ouvrage auquel se dédie le (n)PCI !

Et parce que l’Italie est un pays impérialiste assez important, mais aussi du fait que c’est le siège de la Papauté, il est certain que l’instauration du socialisme dans notre pays fera école au niveau international. Notre prochain 25 avril sera celui du jour de la constitution du Gouvernement de Bloc Populaire.

Umberto C.

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